Danny Barker

INFORMATION

Danny Barker (né le 13 octobre 1909 à New Orleans, Louisiane, et décédé le 13 mars 1994 à New York) était un guitariste, banjoïste, compositeur et arrangeur américain. L’un des derniers représentants du jazz traditionnel de La Nouvelle-Orléans, il est également considéré comme l’un des plus grands défenseurs du jazz classique tout en ayant influencé de nombreux musiciens plus jeunes dans les domaines du jazz et du blues. Sa carrière s’étend sur plusieurs décennies, de ses débuts dans les années 1920 à ses derniers enregistrements dans les années 1980.

Jeunesse et Formation

Danny Barker naît dans le quartier de Treme à La Nouvelle-Orléans, un lieu considéré comme le berceau de nombreuses traditions musicales afro-américaines, dont le jazz. Très jeune, Barker est immergé dans la musique. Son père, un trompettiste, et sa mère, une pianiste, ont une influence majeure sur son développement musical. Il apprend d’abord le banjo, avant de se tourner vers la guitare, qui deviendra son instrument de prédilection.

Dans son adolescence, Barker écoute et admire des musiciens comme Louis Armstrong et Kid Ory, qui sont des figures importantes du jazz de La Nouvelle-Orléans. Dans les années 1920, il devient rapidement un musicien accompli, jouant dans divers groupes locaux. À cette époque, le banjo est encore très populaire dans les formations de jazz, et Barker se forge une solide réputation dans la scène locale.

Carrière à La Nouvelle-Orléans et Début à Chicago

Dans les années 1930, Danny Barker quitte La Nouvelle-Orléans pour s’installer à Chicago, où il rejoint plusieurs grands noms du jazz. Chicago est alors le centre de l’évolution du jazz, avec de nombreux musiciens de La Nouvelle-Orléans s’y installant. Barker joue avec de nombreux groupes, notamment ceux dirigés par des musiciens tels que Jelly Roll Morton, Sidney Bechet, et Fats Waller.

C’est durant cette période qu’il se distingue en tant que guitariste de session et qu’il commence à jouer dans des clubs de jazz influents comme le The Savoy Ballroom. Ces premières années lui permettent de se forger une solide réputation dans l’industrie du jazz, et sa virtuosité sur la guitare et le banjo attire l’attention des grandes figures du genre.

Les Années 1940 et l’Âge d’Or du Jazz

Au cours des années 1940, Barker s’installe à New York, une ville qui devient le centre névralgique du jazz moderne. Il joue dans les orchestres de grands leaders de jazz tels que Cab Calloway, Duke Ellington, et Count Basie, en plus de ses collaborations avec des musiciens de la scène locale comme Milt Hinton et Lloyd « Baby » Paige. Il commence également à enregistrer ses propres compositions et arrange des morceaux pour d’autres artistes.

Cependant, au lieu de se consacrer uniquement à l’orchestre moderne de l’époque, il reste fidèle au style plus traditionnel de La Nouvelle-Orléans, ce qui l’amène à devenir l’un des défenseurs du jazz classique dans un moment où le bebop et le jazz moderne dominent. Il est très influencé par la musique de la Nouvelle-Orléans et est réputé pour son jeu impeccable sur les accords et ses rythmes complexes, typiques du jazz de cette région.

Le retour à La Nouvelle-Orléans et l’essor du Jazz Traditionnel

Dans les années 1950, Danny Barker retourne à La Nouvelle-Orléans, où il devient une figure centrale du mouvement New Orleans Revival, qui cherchait à ramener le jazz traditionnel dans les clubs et les scènes de concerts. Il y développe également une carrière d’enseignant et de mentor pour les jeunes musiciens qui cherchent à s’imprégner de l’essence du jazz traditionnel.

C’est au cours de cette période qu’il commence à enseigner la guitare et le banjo, transmettant son savoir à de nombreux jeunes talents. Sa propre carrière en tant qu’artiste commence à prendre de l’ampleur dans la communauté du jazz traditionnel, et il devient un ambassadeur de la musique de La Nouvelle-Orléans à travers les États-Unis et au-delà.

Les Années 1960 et 1970 : Reconnaissance et Carrière Solo

Dans les années 1960 et 1970, Danny Barker commence à enregistrer sous son propre nom, après avoir été un musicien de session et un accompagnateur pendant de nombreuses années. En 1964, il publie son premier album sous son nom, « Danny Barker’s New Orleans », où il met en avant son jeu unique à la guitare et au banjo. Ce disque est un hommage à ses racines et à la tradition du jazz de La Nouvelle-Orléans, avec des morceaux qui capturent l’énergie et l’esprit du genre.

Sa carrière connaît un véritable essor à partir des années 1970. Il devient une figure importante du mouvement de préservation du jazz traditionnel et est très respecté dans les cercles de jazz new-yorkais. Barker est invité à se produire dans de nombreux festivals de jazz à travers le monde, y compris le Newport Jazz Festival et le Monterey Jazz Festival.

Danny Barker : Le Gardien de la Tradition

Au fur et à mesure que son travail de préservation du jazz traditionnel prend de l’ampleur, Barker devient un défenseur passionné de la musique de La Nouvelle-Orléans, mais aussi de la musique afro-américaine en général. Il insiste sur l’importance de la culture du jazz et de l’histoire de la musique noire pour les générations futures. Il a également joué un rôle dans le Jazz at Lincoln Center, une institution de musique qui promeut les racines et les évolutions du jazz.

Dans ses dernières années, Danny Barker continue de travailler comme éducateur et enregistre plusieurs autres albums. Il est également très impliqué dans le monde de l’enseignement musical, en particulier pour les jeunes musiciens de La Nouvelle-Orléans et de la Nouvelle-York. Barker est respecté à la fois pour sa maîtrise technique de l’instrument et pour sa passion d’enseigner.

Décès et Héritage

Danny Barker meurt le 13 mars 1994 à New York, mais son influence continue d’être ressentie dans les générations suivantes de musiciens de jazz. Bien que sa carrière ait pris un chemin relativement discret par rapport à d’autres figures de la musique, son impact en tant que préservateur du jazz traditionnel et son rôle d’éducateur en font un pilier essentiel de la scène jazz du 20e siècle.

Discographie Sélective

  1. « Danny Barker’s New Orleans » (1964)
    Un hommage vibrant au jazz traditionnel de La Nouvelle-Orléans, où Barker joue à la fois du banjo et de la guitare, avec une section rythmique d’exception.
  2. « The Wildest Guitar » (1969)
    Un autre album où il mélange le jazz traditionnel avec des éléments modernes, tout en restant fidèle à ses racines musicales.
  3. « Danny Barker’s Great New Orleans Band » (1973)
    Ce disque présente un ensemble de musiciens de la Nouvelle-Orléans qui, sous la direction de Barker, jouent un jazz classique authentique.
  4. « Danny Barker and His Musical Friends » (1975)
    Un album de collaboration avec des artistes influents du jazz traditionnel, capturant l’énergie et la richesse de la musique de La Nouvelle-Orléans.
  5. « Live in New Orleans » (1980)
    Un enregistrement live où Barker et ses musiciens rendent hommage à l’histoire du jazz de La Nouvelle-Orléans, avec une interprétation vibrante et pleine de passion.

Danny Barker demeure une figure centrale de l’histoire du jazz, un défenseur infatigable du jazz traditionnel et un éducateur respecté. Son influence est perceptible dans le monde du jazz à travers son jeu distinctif à la guitare et au banjo, ainsi que dans l’impact qu’il a eu sur les musiciens de La Nouvelle-Orléans et au-delà. En tant que témoin et acteur de l’évolution du jazz, il restera pour toujours un gardien des racines musicales de La Nouvelle-Orléans.

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